Questions/Réponses – 1

Il y a quelques temps, j’ai demandé à mes amis sur Facebook de me donner des idées d’articles… pour m’amuser et comme un défi et cela s’est transformé en Questions/Réponses  🙂

Voici quelques sujets proposés, un peu de psychologie, de philosophie et de gag aussi.

Ce ne sont pas des consultations mais des questions plus générales…

C’est donc le premier Questions/Réponses.

La prochaine fois, il y aura peut-être des thèmes de questions et l’appel aux questions sera aussi sur la page Facebook de Psy-mail.com.

 

  • Question de Magali: Les bénéfices secondaires, comment les reconnaitre et que faire ?
  • Questions de Jean-Paul: Qu’est-ce que la normalité ?

                                                        La beauté est-elle éphémère ?

                                                        Pourquoi se pose-t-on des questions sans réponses ?

                                                        Comment on fait les bébés ? (question gag)

                                                        Dépression ou évolution ?

  • Question de Nathalie : Les troubles psychiatriques dans son entourage ou sa famille, comment gérer ?

 

Les bénéfices secondaires (terme psy pour ceux qui ne connaissent pas), comment les reconnaitre et que faire ?

Les bénéfices secondaires sont des bénéfices secondaires à une situation, conscients ou pas, que l’on a dans certaines situations pourtant considérées comme problématiques à première vue. C’est ce qui nous fait, entre autres, parfois rester aussi dans des situations difficiles ou rechercher ces situations.

Ainsi par exemple, on parle de bénéfices secondaires quand on est malade, on a une grippe, c’est bien pénible et on ne peut pas travailler, ni faire nos activités habituelles mais on a les bénéfices de se chouchouter, de rester chez soi, de ne rien faire… Ou par exemple, quelqu’un qui est tout le temps en conflit avec son conjoint, parce qu’il ne fait soit disant rien de bien, aura le bénéfice secondaire d’être le meilleur, le parfait… contrairement à son conjoint.

Se poser la question avec honnêteté sur ce que nous apporte cette situation et sur ce qu’elle nous fait gagner ou sur quoi elle nous comble, nous permet de les identifier, ou bien c’est lors d’un travail thérapeutique que ces bénéfices apparaitront, parfois ce sera d’ailleurs une découverte inattendue sur soi-même.

On les reconnait lorsqu’on prend du recul sur une situation et/ou avec l’aide d’un professionnel. C’est se poser la question de qu’est-ce que cette situation pourrie m’apporte, me donne de positif, les reconnaitre et en prendre conscience c’est déjà le premier pas pour sortir de la situation si on le souhaite et avoir connaissance de sa responsabilité dans cette situation. On peut ensuite travailler dessus avec un professionnel ou seul.

Selon moi les bénéfices secondaires, on s’en fout… un peu.

Parce que parfois ils sont important à comprendre pour avancer, mais ne sont pas suffisants et parfois on s’en fout.

C’est-à-dire que dans certaines situations, avoir des bénéfices secondaires est tout à fait bénéfique et positif ou bien neutre et n’a pas à être travaillé ou autre. Et dans d’autres situations, on pourra les identifier, travailler dessus mais ils ne seront qu’un des éléments à considérer parmi d’autres, comme ce qui nous a conduit à cette situation ou pourquoi on répète cette situation… Même si ils participent aussi au maintien ou à la recherche de cette situation.

Donc que faire ? Cela dépend des situations et de toute façon ce ne sera qu’un élément parmi d’autres à travailler. Travailler dessus sera bénéfique mais ne suffira pas, car c’est aussi comprendre pourquoi on en est là qui est un des points complémentaires et indispensables pour avancer.

Les identifier ok, en rester-là et se contenter de cela, non.

 

Qu’est-ce que la normalité ?

En psychologie et en psychiatrie, on parle d’un continuum entre le normal et le pathologique, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de frontières strictes entre le normal et le pathologique.

Même s’il y a des comportements vraiment hors normes de types comportementaux, hallucinatoires, alimentaires ou d’agressions, ou autres… les troubles ou symptômes sont toujours à considérer dans leur contexte familial, social, culturel, etc…

La normalité existe et en même temps elle est aussi relative.

Comme je le dis souvent tout est paradoxe.

La normalité existe par le fait que certaines choses sont anormales d’un certain point de vue ou de convention et en même temps ces choses seront considérées comme normales par la personne concernée.

De même que chaque individu a ses propres normes et conceptions de la normalité, comme de l’anormalité aussi

Donc la normalité pourrait être une convention sociale qui permet une certaine harmonie pour vivre ensemble, un respect aussi de l’autre et de son intégrité, et pourrait être un état contraire à celui d’anormalité, donc être définie par l’anormalité, et pourrait aussi n’être que relative dans l’absolu.

Donc la normalité peut être tout et rien, collective et individuelle, elle est impalpable et sous-entendue, comme elle peut être clairement établie. Elle vise le bon fonctionnement d’un individu ou d’un système, d’un groupe.

Si il vous manque une jambe vous serez anormal et vous fonctionnerez moins bien qu’avec deux, mais vous serez normal quand-même et vous pourrez vivre normalement.

La normalité, personne ne sait vraiment ce que c’est, sauf exceptions, mais tout le monde en a une idée ou une conception personnelle et collective.

La normalité est relative dans certaines situations et absolue dans d’autres…

 

La beauté est-elle éphémère ?

Comme d’habitude, paradoxe, oui et non.

La beauté est éphémère parfois, comme un arc-en-ciel qui dure quelques secondes ou minutes, ou une autre chose que l’on observe un instant, une fleur, un tableau, un geste, un sourire, un regard…

En même temps cet instant de beauté éphémère sera gravé dans notre mémoire donc cette beauté n’est plus seulement éphémère, elle devient durable.

Un tableau ne change pas, il garde sa beauté mais un paysage change. La beauté est dans les yeux de celui qui regarde.

La beauté d’une personne peut aussi être considérée par certains comme éphémère, car elle est changeante, elle évolue, elle est impermanente, mais en même temps cette beauté de multiples instants d’une personne peut en constituer au final une seule beauté non éphémère mais infinie et solide à travers la vie.

L’amour nous apprend cela, l’amitié aussi parfois, ou simplement une personne que l’on trouve belle, ou un lieu, un paysage, etc…

La beauté est donc éphémère parfois en apparence mais peut-être pas au fond de nous, et à l’échelle d’une vie.

De même qu’il y a aussi la beauté ressentie, la beauté d’une personnalité, d’un caractère ou du cœur, là aussi éphémère par une rencontre ou un moment ensemble ou bien durable par les multiples instants ou gravée dans notre cœur…

 

Pourquoi se pose-t-on des questions sans réponses ?

On se pose ce type de questions pour nourrir notre inexplicable. L’inexplicable de notre vie, celui du monde, etc… l’inexplicable.

L’humain est un animal avec des capacités de raisonnement peut-être évoluées et ces capacités le poussent à chercher des sens et des explications à ce qu’il vit, même si le problème est insoluble. Il va chercher, questionner, ne pouvant se résoudre à vivre et à la vie tout simplement ou à sa condition animale.

Se questionner est enrichissant aussi pour nous, il développe les capacités cérébrales, l’imagination, le raisonnement, l’échange et le rêve aussi… Tant que cela n’empêche pas de vivre.

Se questionner est rassurant aussi car cela cultive et entretient l’espoir de trouver, une forme de quête aussi, d’aventure, d’avancée, de dépassement de sa condition.

Se questionner et vivre, c’est cela qui compte.

 

Comment on fait les bébés ? (question gag, Jean-Paul est un ami sur Facebook, d’où ma réponse)

Et bien demande à ton fils majeur ou à ton chat 😉

C’est une question de physiologie, de psychologie, de chimie, de corps à corps, de coeur à coeur, d’évolution, d’impalpable aussi, voire de mystère…

 

Dépression ou évolution ?

C’est une question à laquelle on peut répondre, comme d’habitude, oui et non.

Non, parce que malgré ce que l’on voit un peu partout, la dépression existe, comme les maladies mentales existent. Et par ailleurs il y plusieurs sortes de dépressions.

C’est-à-dire que ces derniers temps, on entend dire que les personnes délirantes sont en fait connectées à d’autres réalités ou à des entités, et la dépression serait une évolution.

Oui il y a des personnes « connectées », médium ou autres qui pouvaient parfois être considérées comme souffrant d’une maladie mentale alors que non, mais il y aussi des personnes qui ont réellement des maladies mentales ou de grosses difficultés.

C’est la même chose pour les dépressions, autant une dépression peut parfois vous apporter au final et être considérée comme une période difficile qui vous permettra d’évoluer, mais une dépression peut aussi être une forme de maladie mentale qui vous empêche de vivre qui vous fait souffrir intensément.

Je profite de cette question pour faire un petit coup de gueule parce que tout n’est pas évolution ou développement personnel ou spirituel, comme on peut le voir un peu trop en ce moment.

Oui les galères, les épreuves, les difficultés nous font avancer, nous font évoluer et c’est souvent le côté positif de celles-ci.

Mais parfois c’est aussi juste des maladies, des épreuves terribles… Si par exemple, vous ne pouvez plus sortir de chez vous ou même de votre lit et que la vie est d’une lourdeur inimaginable, si vous ne savez même pas pourquoi vous êtes mal, si votre conjoint ou votre enfant a été assassiné ou est mort d’une maladie, ou si vous ne savez plus distinguer ce qui est réel ou pas et que vous écoutez des voix qui vous disent de tuer des personnes, on n’est pas dans l’évolution ou autre là. On est juste dans l’horreur.

La vie est belle et intéressante et savoureuse mais elle apporte aussi des épreuves et des malheurs au milieu des bonheurs.

Donc oui parfois une dépression représentera au final, après un travail sur vous-même, un traitement peut-être et un temps de recul, une évolution, même si dans ce cas on parle plus de déprime et non de dépression. Mais ce n’est pas toujours le cas, loin de là.

Une dépression, en réaction à quelque chose ou pas, va vous écraser, vous empêcher de vivre, vous anesthésier. Elle peut être physiologique, psychologique, les deux.

Une déprime ou une dépression légère sont souvent en réaction à quelque chose, à un évènement ou autre et ainsi cette période va servir à gérer ou à digérer les choses, les assimiler, et s’en sortir, ainsi dans ce cas on peut parler d’évolution.

Dépression = évolution, non la plupart du temps.

 

Les troubles psychiatriques dans son entourage ou sa famille, comment gérer ?

Avoir un ami, un conjoint, un enfant, un parent, etc… qui souffre de problèmes psychiatriques, est très difficile à vivre pour l’entourage et pour la personne bien sûr.

Les relations vont souvent se retrouver biaisées par ces difficultés de part et d’autre.

Toute maladie impacte les relations avec l’entourage, et quand il s‘agit de troubles psychiatriques, le problème est que cela va affecter directement la relation à soi-même, à l’autre et au monde de façon plus intense, ce qui complique un peu tout et est donc très difficile à gérer. De plus quand le rapport au réel est atteint ou que la dangerosité s’y mêle, c’est encore plus complexe.

Comment gérer ? Il y a autant de façon de gérer que de personnes.

Je dirais que le plus important est de ne pas oublier que l’autre est aussi une personne et n’est pas que sa maladie (valable pour beaucoup de choses d’ailleurs) et aussi de ne pas s’oublier soi.

Dans ce contexte on peut se retrouver rapidement submergé, dépassé, épuisé, et de plus, souvent on est seul car les troubles psychiatriques font peur et sont encore très tabous. Donc surtout ne pas s’oublier et trouver du soutien pour soi aussi, professionnel ou pas.

Ne pas oublier sa vie aussi.

Un autre angle à prendre en compte aussi est de dépasser sa culpabilité si on doit faire hospitaliser quelqu’un de son entourage, idem si on en vient à se séparer. Vous faites ce que vous pouvez.

Respecter ses limites, ne pas se sacrifier pour l’autre c’est aussi prendre soin de soi et soin de l’autre.

 

Voilà, vos questions, mes réponses… à feuilleter, à méditer, à laisser infuser… 🙂

(oui je suis une maniaque des paradoxes 😉 )

Il y aura d’autres Questions/Réponses, n’hésitez pas à proposer vos questions sur la page Facebook de Psy-mail lors des posts d’appel aux questions.

 

Eve ROSE Psy-mail.com

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